Le New York Times a engagé des poursuites contre l'éditeur du navigateur Brave pour violation du droit d'auteur. Le quotidien l'accuse d'avoir copié ses articles sans autorisation pour alimenter son moteur de recherche, de les avoir revendus à des entreprises d'IA, et de permettre à ses utilisateurs de contourner le paywall du journal.
Brave, l'image d'un acteur « vertueux »
Brave Browser et Brave Search ont construit leur réputation sur le respect de la vie privée. Leurs arguments : un index de recherche indépendant, aucun pistage des utilisateurs, une alternative au modèle publicitaire de Google. Des arguments qui restent exacts. Mais selon la plainte, le modèle économique de Brave reposerait sur une autre forme d'exploitation : celle du travail des éditeurs.
Les principales accusations
- Copie non autorisée : Brave aurait copié des contenus du Times pour construire son index, y compris des articles protégés par le paywall.
- Revente aux entreprises d'IA : l'accès à ces contenus serait commercialisé auprès d'acteurs de l'IA.
- Concurrence directe : ces contenus serviraient à produire des réponses qui concurrencent les propres sites des éditeurs.
Ce sont des allégations, que la justice devra examiner. Mais l'affaire illustre une tension croissante entre les éditeurs et les acteurs qui exploitent leurs contenus pour l'IA.
Pourquoi les marques doivent suivre ce dossier
La question ne concerne pas que la presse. Toute entreprise qui publie du contenu (guides, études, fiches produits) peut voir ce contenu réutilisé par des systèmes d'IA. Les outils de contrôle se développent : Google, Microsoft et OpenAI se sont engagés à respecter une ligne commune dans le robots.txt pour refuser l'entraînement des IA. Mais un tel mécanisme ne fonctionne qu'avec les acteurs qui le respectent.
Pour les marketeurs, l'enjeu est double : protéger la valeur de leurs contenus originaux, tout en restant visibles dans les réponses des assistants. Un équilibre délicat, que nous abordons dans notre guide de la visibilité IA.
Le contexte européen
En Europe, la directive sur le droit d'auteur prévoit une exception de fouille de textes et de données (text and data mining), à laquelle les ayants droit peuvent s'opposer par des moyens lisibles par machine. C'est précisément le rôle que pourrait jouer un standard commun dans le robots.txt. Le procès américain pourrait, lui, peser sur les pratiques mondiales des moteurs alternatifs.
À lire aussi : comment un média comme The Athletic, propriété du New York Times, fidélise son audience.
Source : Search Engine Journal (NY Times Accuses Brave Of Scraping And Exploiting Content). Article original rédigé par la rédaction de Socialcomarket.
Commentaires
0 commentaires