Le 30 octobre, Microsoft et Google ont chacun annoncé de nouveaux moyens pour les éditeurs de contrôler l'usage de leurs contenus par l'IA. Les deux annonces sont complémentaires et répondent à une même demande : pouvoir dire non à certains usages sans disparaître des moteurs.
Bing : entraînement et « grounding » séparés
Microsoft scinde les autorisations en deux réglages distincts :
- AI Training : l'utilisation des contenus pour entraîner des modèles génératifs.
- AI Grounding : l'utilisation des contenus pour nourrir les réponses générées dans Bing, Copilot et Microsoft 365.
Un éditeur peut refuser l'un sans perdre son éligibilité aux résultats classiques de Bing. Il peut par exemple interdire l'entraînement tout en autorisant le grounding, pour rester cité dans les réponses. Pour les sites qui utilisent encore les anciennes directives NoArchive ou NoCache, les contrôles de grounding arriveront dans Bing Webmaster Tools le 15 décembre 2026.
Google : le signal commun dans le robots.txt
Google adopte la proposition examinée à l'IETF : une ligne commune dans le robots.txt, avec un jeton partagé, pour exprimer sa préférence d'entraînement auprès de tous les développeurs d'IA participants. Nous avions détaillé son fonctionnement dans notre article sur l'opt-out commun de Google, Microsoft et OpenAI.
Les contrôles propres à Google restent en place : Google-Extended continue de fonctionner, et la Search Console permet déjà d'exclure un site des AI Overviews et d'AI Mode.
Que choisir ?
La distinction de Bing éclaire un vrai arbitrage :
- Refuser l'entraînement protège la valeur de vos contenus originaux, sans effet direct sur votre visibilité immédiate.
- Refuser le grounding vous retire des réponses générées, avec un risque réel sur le trafic. Un test récent suggère même que sortir des AI Overviews peut faire baisser les clics organiques classiques.
Pour la plupart des marques, la combinaison « entraînement refusé, grounding autorisé » est un bon compromis, à valider avec vos équipes juridiques. Le contexte reste tendu entre éditeurs et acteurs de l'IA, comme le montre le procès du New York Times contre Brave.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le « grounding » ?
C'est l'utilisation de contenus récupérés en temps réel pour appuyer une réponse générée : l'assistant cherche des sources, puis rédige sa réponse à partir d'elles, souvent en les citant. C'est différent de l'entraînement, qui modifie durablement le modèle.
Que sont NoArchive et NoCache ?
Ce sont d'anciennes directives que des sites utilisaient pour limiter l'usage de leurs contenus par Bing. Microsoft invite ces sites à passer aux nouveaux réglages d'entraînement et de grounding, dont les contrôles arrivent dans Bing Webmaster Tools le 15 décembre 2026.
Google-Extended reste-t-il utile ?
Oui. Google indique que ses contrôles propres continuent de fonctionner à côté du nouveau signal commun. Google-Extended permet de limiter l'usage de vos contenus pour les modèles de Google, sans effet sur l'indexation dans la recherche.
Décider de sa politique en 3 questions
- Mes contenus ont-ils une valeur propre que je veux protéger de l'entraînement ?
- Ai-je intérêt à être cité dans les réponses générées ?
- Puis-je mesurer l'effet de mes choix sur ma visibilité et mon trafic ?
Avant de sortir des réponses, lisez le test de sortie des AI Overviews de Cyrus Shepard.
Source : Search Engine Land (Microsoft Bing gives publishers more control over how AI uses their content), complété par des sources tierces. Article original rédigé par la rédaction de Socialcomarket.
Commentaires
0 commentaires