Le trafic issu de la recherche organique recule, et la France est plus touchée que les États-Unis. C'est ce que montre une analyse de données Similarweb publiée par Kevin Indig dans sa newsletter Growth Memo et reprise par Search Engine Land. Mais la conclusion la plus intéressante est ailleurs : l'IA n'explique pas tout.
Les chiffres
Entre août 2024 et août 2026, les visites issues de la recherche organique ont baissé de 13,2 % aux États-Unis (de 19,9 à 17,3 milliards) et de 24,4 % en France (de 4 à 3 milliards).
Les éditeurs sont les plus touchés, avec une perte d'environ 42 % de leur trafic organique sur les deux marchés, tandis que les petits sites restent globalement stables. Le search payant a progressé d'environ 21 % aux États-Unis, sans compenser les pertes organiques.
Pourquoi l'IA n'est pas la seule cause
Le trafic envoyé par les IA progresse plus vite que tous les autres canaux, mais il reste modeste : environ 2,85 % du trafic SEO aux États-Unis et 2,44 % en France. Surtout, en France, les AI Overviews ne sont arrivés que le 22 juillet 2026, selon une analyse relayée dans la presse : l'essentiel de la baisse française leur est donc antérieur.
D'autres facteurs pèsent : plus de publicités et de modules Google dans les résultats, réponses directes, montée de la recherche sur les réseaux sociaux, et changements d'usage.
Les limites des données
Ces chiffres sont des visites modélisées, pas des personnes uniques ni du chiffre d'affaires. Ils décrivent une tendance, sans établir de lien de cause à effet.
Que faire ?
- Diversifier : l'e-mail et le search payant progressent, comme le détaille notre analyse des canaux en croissance.
- Mesurer autrement : visibilité dans l'IA, recherches de marque, conversions plutôt que volume brut.
- Réévaluer la valeur du trafic : le trafic venu de l'IA est plus faible en volume, mais nettement plus rentable par visite selon Adobe.
À lire aussi : pourquoi les pages d'accueil perdent des clics et la progression du zéro clic.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une visite « modélisée » ?
Les outils comme Similarweb n'ont pas accès aux statistiques internes des sites. Ils estiment les visites à partir de panels d'internautes et d'autres sources, puis les extrapolent. Ces données sont utiles pour les tendances et les comparaisons, moins pour des valeurs exactes.
Pourquoi les éditeurs sont-ils plus touchés ?
Leurs contenus répondent souvent à des questions d'information générale, que les moteurs traitent de plus en plus directement dans la page (réponses, modules, résumés). Les sites qui vendent un produit ou un service gardent davantage de requêtes qui exigent une visite.
Ma baisse vient-elle de l'IA ?
Pas forcément. Vérifiez d'abord les causes classiques : mises à jour de Google comme la core update de mai, problèmes techniques, concurrence, saisonnalité. Puis regardez si la baisse touche surtout des requêtes informationnelles où apparaissent des AI Overviews.
Le plan d'action
- Identifier les pages et requêtes qui perdent le plus.
- Classer les causes probables : technique, concurrence, changement de la page de résultats.
- Renforcer les contenus qui apportent une information propre.
- Développer les canaux directs et la notoriété.
Source : Search Engine Land (Organic traffic is down, but it's not all AI), complété par des sources tierces. Article original rédigé par la rédaction de Socialcomarket.
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